La principale ville de l’État du Darfour du Nord, dans l’ouest du pays, n’est plus qu’un champ de ruines. Les Forces de soutien rapide (FSR) y ont enfin imposé leur loi, après plus de 500 jours de siège, laissant derrière elles des centaines de cadavres, des hôpitaux bombardés, des familles décimées. Des témoignages crédibles évoquent des exécutions massives, des viols systématiques et des civils empêchés de fuir.
« El Fasher, qui était déjà le théâtre d’un niveau catastrophique de souffrance humaine, a sombré dans un enfer plus sombre encore », a dénoncé, jeudi, le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, devant le Conseil de sécurité. La veille, près de 500 patients et accompagnants auraient été tués dans la maternité de l’hôpital de saoudien, « le dernier exemple de la dépravation avec laquelle cette guerre est menée ».
Les civils fuient à pied vers les localités voisines de cette région en proie à la famine depuis l’été 2024. À Tawila, plus au sud-ouest, un campement saturé a vu le jour, où les organisations humanitaires parlent de « foules traumatisées » et de « corps amaigris à l’extrême ».
M. Fletcher a rappelé que 13,5 millions de personnes ont reçu une aide depuis le début de l’année dans le pays, malgré les attaques et les entraves à son acheminement. Face aux événements des derniers jours, il a annoncé avoir alloué 20 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) des Nations Unies pour le pays.
Massacres en série et villes piégées
Depuis avril 2023, une guerre fratricide oppose les forces armées soudanaises aux paramilitaires des FSR. Aucune région du pays n’est épargnée. En une semaine, les drones ont frappé marchés et villages dans les États du Nil Bleu et de Sennar, dans le sud-est, et à Khartoum, dans le centre.
Au Kordofan voisin, la ville de Bara est également tombée aux mains des FSR ; des exécutions…
Auteur: Nations Unies FR

