À peine les semis achevés, les signaux d’alerte se multiplient. Depuis la mi-août, les cultures attendent des pluies essentielles à leur développement, mais celles-ci font défaut dans une grande partie des zones agricoles.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les cultures semées cette année subissent un double choc : le déficit de précipitations et les répercussions du conflit qui ravage le pays.
La situation est particulièrement préoccupante dans le sud-est. À Sennar et Gedaref — deux États qui représentent à eux seuls environ un quart de la production nationale moyenne de sorgho — les pluies enregistrées entre juin et la mi-août étaient respectivement inférieures de 20 % et de 30 % aux normales de long terme.
Les pénuries d’intrants pèsent sur la production céréalière
Conséquence : la végétation s’est fortement dégradée. A la mi-août, l’indice de stress agricole de la FAO signalait une sécheresse sévère sur jusqu’à 40 % des terres cultivées à Sennar et 70 % à Gedaref.
Et le ciel ne devrait pas se montrer plus généreux. Les prévisions pour la fin de la saison agricole font état d’une forte probabilité de précipitations inférieures à la moyenne, faisant peser un risque supplémentaire sur les rendements attendus à partir de novembre.
A cette menace climatique s’ajoute celle, plus ancienne et plus brutale, de la guerre. Dans le Grand Darfour, le Grand Kordofan et l’Etat du Nil-Bleu, l’insécurité empêche nombre d’agriculteurs d’accéder à leurs champs. Le manque de carburant, le coût des intrants et l’accès réduit au crédit ajoutent encore aux difficultés des agriculteurs.
Ces contraintes prolongent une tendance déjà observée en 2025.
Selon l’évaluation des récoltes et de l’approvisionnement alimentaire (CFSAM), la production céréalière nationale – sorgho, mil et blé – a été estimée à 5,2 millions de tonnes, en baisse…
Auteur: Nations Unies FR
