Chaque année, en Europe, 700 millions de poules, cailles, lapins, truies, canards sont confinés dans de minuscules cages. Les truies en élevage intensif passent près de la moitié de leur vie dans des cages individuelles au sein desquelles elles sont bloquées en permanence. Neuf poulets sur dix en Europe sont « à croissance rapide » : leur génétique a été sélectionnée pour atteindre un poids d’abattage en seulement 35 jours.
Plus de 7 milliards de poulets sont abattus chaque année en Europe. Avant d’être tués, ils sont d’abord accrochés tête en bas, puis plongés dans des bains électriques censés les étourdir. Une fois à l’abattoir, les cochons sont généralement tués après avoir été exposés au CO2, méthode qui leur cause douleur, peur panique et détresse respiratoire pendant des dizaines de secondes avant la perte de conscience. Les vaches laitières, les poissons ou encore les lapins ne bénéficient à l’heure actuelle d’aucune protection spécifique concernant leurs conditions d’élevage et d’abattage.
Une réforme qui traîne
Les données scientifiques en matière de bien-être animal ont significativement évolué pendant que les règles de l’Union européenne (UE) en la matière sont restées largement inchangées, certaines depuis plus de 20 ans. Ainsi, la plupart des scientifiques et des juristes reconnaissent désormais que les animaux ont des capacités psychiques, notamment émotionnelles. De nombreuses pratiques toujours autorisées par l’UE ne le sont plus dans certains États membres, comme la Suède qui interdit les cases de gestation et de mise-bas pour les truies.
En mai 2020, sous la pression croissante de plusieurs ONG de protection animale, la Commission européenne annonce vouloir entreprendre une ambitieuse réforme législative visant à améliorer le sort de ces animaux. Il s’agit de faire évoluer les textes réglementant les conditions d’élevage, de transport et d’abattage,…
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Auteur: Axelle Playoust-Braure

