#SoulèvementsDeLaTerre : Carbon Bee, on venait te chercher chez toi

« Pour réussir cette nouvelle révolution de l’alimentation saine, durable et traçable, […] nous devons investir dans trois révolutions […] : le numérique, la robotique, la génétique. Ce sont les trois transformations essentielles. »

Emmanuel Macron, Chief Executive Officer de la République, plan « France 2030 »

Le 9 février dernier, nous nous joignons aux Soulèvements de la Terre et à la Confédération paysanne de la Drôme pour rendre visite à Carbon Bee. Cette start-up développe des caméras intelligentes à capteurs hyperspectraux embarquées sur tracteurs ou drones. Ces machines, mariant intelligence artificielle et robotique, promettent le tir de précision de Round’up par reconnaissance faciale des mauvaises herbes, appelé par ces concepteurs ’reconnaissance foliale’. C’est l’avènement de l’agritech.

Repérages et enquêtes préalables devaient permettre à la petite centaine de personnes réunies au matin d’expliquer aux dev’ tout le mal qu’elles pensent de leur travail et de prélever quelques exemplaires de leur camelote. Mais il y eut un hic.

Nous pensions venir saboter des machines robotisées.Nous sommes tombés nez à nez avec une autre réalité machinique. Expérience désarmante qu’ont été ces quelques minutes au contact du néant.

Un bâtiment médiocrement typique d’une « zone artisanale ». Un open-space à deux étages dans un cube métal-bois serti par un combo parking-pelouse, lui-même entouré de haies tristes.

Nous entrons et là, tout cloche. Les locaux n’ont aucune trace d’usage, les meubles sont vides, ni classeurs ni dossiers dans les étagères, aucun objet personnel sur les bureaux. Rien d’humain ne semble avoir laissé sa trace. Mais pourtant, il y a bien des gens disséminés dans cet espace, travaillant et ne nous prêtant aucune attention. Une petite centaine de personnes débarquent un peu en speed dans leur espace, sprayent les caméras de surveillance, distribuent un tract, déclarent vouloir occuper leur lieu de travail et le niveau de réaction est proche de zéro. A peine un regard par dessus leur laptop avant de replonger dans l’écran. Pas de réaction de défense mue par un possible esprit d’entreprise. Rien qui incarne une quelconque volonté de nous virer, nous intrus, de la boîte. Les corps sont là, le reste avalé dans les ordis. Nous n’étions réellement pas au même endroit. Trop loin d’eux pour les toucher.

Par contagion, les personnes elles-mêmes semblent des avatars. Le manager qui déboule de l’étage par un…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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