Sous les lacrymos, une soif de justice sociale

80 000 gendarmes et policiers mobilisés partout sur le territoire français ce 18 septembre. L’équivalent d’un Stade de France plein à craquer de forces de l’ordre. Le chiffre est ahurissant. Simple comparaison : il y a deux ans, lors du mouvement contre la réforme des retraites, « seulement » 10 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés durant les journées de manifestations intersyndicales.

Au terme de cette journée, il sera encore plus difficile de faire l’autruche sur cette colère sociale.

Une multiplication par 8 donc, quand le nombre de manifestants lui, s’avère à peu près équivalent. Quand il s’agit de réprimer une colère sociale qui monte, Bruno Retailleau ne fait pas dans le détail. Pis, sa stratégie est double : faire peur en « allant au contact » – pour reprendre ses termes, et décrédibiliser le mouvement social en créant de l’affrontement. On connaît la chanson par cœur : les images violentes tourneront alors en boucle sur les chaînes d’info en continu et le pouvoir s’en saisira pour tirer à boulet rouge sur les près d’un million de personnes mobilisés ce jeudi.


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Cela suffira-t-il à éteindre la colère ? Peu probable. Car loin des morbides stratagèmes du ministre de l’intérieur démissionnaire, la séquence sociale que nous vivons est inédite par plusieurs aspects. Déjà, l’importance de la mobilisation. Si les éditorialistes assurent que le 10 septembre a été « un échec », aucun chiffre officiel ne vient conforter cette version. Autant de personnes se sont mobilisées le 10 septembre que lors du premier acte des gilets jaunes, le 17 novembre 2018 : près de 300 000…

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Auteur: Pierre Jequier-Zalc

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