Dans une rue de Paris en 1940, un agent de police retient derrière une ligne de clous divers engins roulants

Sous l’Occupation, se déplacer sans pétrole

Malgré l’occupation allemande et une pénurie de pétrole, les Françaises et Français ont continué de voyager entre 1940 et la Libération : pour rendre visite à leur famille, partir en vacances, voire participer à des compétitions sportives ou des sorties culturelles, explique l’historien Hervé Joly dans son dernier livre.

Pourquoi avoir choisi d’aborder l’Occupation à travers les transports et les mobilités ? Quelle idée reçue vouliez-vous corriger avec ce livre ?

Hervé Joly À l’origine, je voulais travailler sur les pénuries : l’alimentation, le café, le chocolat… Mais ces sujets avaient été largement étudiés. Ce n’était pas le cas du pétrole, qui faisait en outre écho à des questions d’actualité.

La consommation de produits pétroliers avant la guerre (8 millions de tonnes en 1938) était certes six fois plus faible qu’elle ne l’est aujourd’hui, mais l’essentiel de ce qui était consommé servait aux transports des hommes et des marchandises : voitures, camions, autobus, bateaux, autorails… Les autres usages (chauffage, électricité, chimie, plastiques…) se développeront surtout après-guerre.

La pénurie qui caractérise l’Occupation se traduit donc d’abord par une restriction des mobilités. Cela concerne principalement le transport automobile, même s’il est encore peu développé (2 millions de véhicules, contre quelque…

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