La taupe, une espèce ingénieure
La taupe d’Europe, Talpa Europaea Linnaeus, est un petit mammifère fouisseur d’une longueur d’environ 17 cm. Largement répandue en Europe et même jusqu’au Japon, elle est en revanche absente sur une partie de la péninsule ibérique.
De par sa vie souterraine, elle est difficilement observable mais l’on devine sa présence par les petits monticules de terre agglomérés à la sortie de leur taupinière. Elle dispose d’une très mauvaise vue, ne perçoit guère les mouvements et les changements de luminosité et s’alimente de lombrics, d’arthropodes et de gastéropodes.
Crédit photo : Frank Gunther
Capable de creuser des galeries souterraines allant jusqu’à 20 mètres de long par jour et atteindre les 50 centimètres de profondeur, elle a un impact indéniable sur les sols qu’elle a foui et entasse à l’air libre. Les bioperturbations qu’elle engendre font d’elle une espèce ingénieure allogénique. C’est-à-dire qu’elle modifie son environnement en transformant un matériel vivant. Son activité de terrassière professionnelle lui octroie un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes qui devrait en faire une espèce protégée.
1/ Les taupinières, des perturbateurs naturels de biodiversité
Lorsque l’on évoque le mot taupe, nous avons instantanément cette image de prairies aux motifs dalmatiens. Ces pelouses parsemées d’éruptions volcaniques qui ne sont autres que les monticules de terre accumulés par ces mammifères lorsqu’ils construisent leurs galeries. Or, ils servent de toilettes publiques à beaucoup de petits animaux enrichissant ainsi la terre. De plus, le territoire de la taupe (variant de 500 à 1000m2) est dépendant du nombre de vers de terre disponibles. Ainsi, les taupes sont un bon indicateur de l’état des sols.
Des analyses effectuées sur ces monticules ont démontré qu’ils avaient une teneur en nitrate plus conséquente que la pelouse…
Auteur: Liza Tourman

