Pour que les pratiques policières illégales cessent, il faut que la justice fasse son travail. Pour que la justice fasse son travail, il faut que les victimes aient des outils pour lutter. Soutenez notre prochaine grande enquête « Tués par la police : que fait la justice ? »
L’année 2024 constitue un triste record : 65 personnes ont été tuées par la police et la gendarmerie en France. C’est à peu près 5 fois plus qu’au début des années 2000. Au fil du temps, les scandales se succèdent : Luis Bico, qui fut l’une des premières victimes de la funeste loi « Cazeneuve » ayant instauré un « permis de tuer » en 2017, Zyneb Redouane, tuée chez elle par une grenade lacrymogène, Nahel Merzouk, dont la mort a suscité un émoi national et même international, Mohamed Bendriss, tué par un tir de LBD, arme prétendument « non létale », et des tas d’affaires où même les noms des victimes resteront à jamais inconnus. À Flagrant déni, nous considérons que la multiplication des homicides policiers est notamment la conséquence d’une carence de la justice, qui s’abstient trop souvent de condamner les comportements policiers répréhensibles.
Or, en dehors de quelques affaires médiatiques, que sait-on sur le travail judiciaire effectué dans ces affaires ? Presque rien. On ne sait pas combien d’entre elles aboutissent à un simple classement sans suite décidé après quelques semaines d’enquête. On ne sait pas combien d’informations judiciaires sont ouvertes, ni quels services d’enquêtes sont saisis.
Une première analyse effectuée par Flagrant déni a montré qu’un quart au moins des affaires échappent à l’IGPN ! Sur le plan juridique, c’est encore pire. À cause des très nombreux obstacles procéduraux, peu d’affaires montent les « degrés de juridiction » et parviennent jusqu’à la Cour de cassation. A cause notamment du secret de l’instruction, les…
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