Après plusieurs révoltes, dont celle de 1878 qui illustra la barbarie du colon dans toute sa splendeur, c’est dans les années 1980 que la révolte des Kanaks fut la plus forte, la plus organisée et la plus décisive, contraignant la France et les nouveaux habitants d’origine essentiellement Européenne, dont les descendants d’anciens bagnards, à signer des accords en juin et août 1988 qui prévoyaient l’émancipation politique à terme par voie démocratique. Ces accords ont été approuvés, en France, par le référendum du 6 novembre 1988. Un autre accord sera conclu à Nouméa, en 1998, gelant le corps électoral et transférant des pouvoirs de l’Etat.
Pour comprendre la logique de ces accords, il faut revenir sur les conséquences de cette colonisation quasi-génocidaire provoquant le recul de la population Kanak qui est passée de 96% contre 4% pour les colons en 1866 à 39% contre 27% d’Européens – 23% d’asiatiques et Océaniens et 11% d’autres. Une première politique de recolonisation forcée avait été mise en place par Pierre Messmer – Premier ministre de 1972 à 1974 sous Pompidou.
Ces accords ont été signés par les partis, dont la France, et ont donné lieu à des rendez-vous référendaires qui montraient la progression du camp du « oui à la décolonisation ». Si, à la dernière consultation, le peuple Kanak et d’autres citoyens conscients et partageant de plus en plus l’idéal anticolonialiste, ont fait le choix de ne pas y participer, c’est parce qu’ils en avaient demandé le report pour cause de deuil coutumier – Covid obligeait.
La mascarade de consultation a été maintenue par le gouvernement pour donner un résultat tronqué. Maintenant, la manœuvre consiste à dégeler le corps électoral, en complet reniement de ce qui a été signé depuis tantôt, dans le seul but de s’assurer une base électorale en faveur du statut quo. Il est évident que le gouvernement Macron joue avec le feu mais ce…
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Auteur: Philippe BELAIR

