Stagnation des salaires, dégradations des conditions de travail : pourquoi ces reculs sociaux ?

La crise liée au Covid-19 a montré le rôle de certains des travailleurs dans les pays occidentaux. Mais les inégalités salariales s’accroissent depuis les années 80. Néo-taylorisme, économie de services, chômage, tournants dans le projet européen : les causes de ces inégalités sont multiples. La place des syndicats a changé, entre avènement d”un modèle néo-libéral et influence d’une social-démocratie convertie au capitalisme.

Les salaires n’augmentent que très peu pour les travailleurs aux faibles revenus

En Europe de l’Ouest le constat est partout le même : la part des salaires dans la richesse produite baisse. En Espagne le pourcentage occupé par les salaires dans le PIB national a baissé de 8% entre 1994 et 2013, de 6% en Italie, de 4% en Allemagne et au Royaume-Uni. Si en France la baisse est peu marquée, d’autres indicateurs permettent de saisir que la productivité moderne ne profite pas aux salariés à faibles revenus. Une étude menée par le directeur général de l’Insee Jean-Philippe Cotis sur le partage de la valeur ajoutée montre qu’entre 1996 et 2006, les 0,1 % les mieux rémunérés (soit 13 000 salariés) ont vu leur salaire mensuel brut progresser (inflation déduite) de 28 %, soit 5 426 euros. Pour les 60 % des salariés les moins bien payés, le gain n’a pas dépassé les 130 euros (+ 6 à 10%.) Selon Olivier Allain, l’économie française est entrée au début des années 80 dans une phase de modération salariale. L’augmentation des salaires réels passe de 2,5 % sur la période 1972-1982 à 0,7 % entre 1983 et 2002.

Des conditions de travail dégradées

Au-delà de la rémunération de ces salariés à revenus modérés, les études de l’ EWCS mettent en lumière une dégradation continue depuis le milieu des années 90 des conditions de travail de certains salariés en Europe. Les travailleurs indépendants, en CDD ou  à faible qualification sont les plus concernés. En France, une vulnérabilité des salariés supérieure à la médiane européenne, définie par le « degré d’exposition des travailleurs à des risques cumulés sur le lieu de travail, ayant des effets néfastes pour le bien-être et la santé », ressort des dernières études de l’EWCS.

Aux évolutions de l’organisation du travail répondent les évolutions des maux des salariés. Selon les derniers chiffres de l’Assurance Maladie française, en 2019 les affections psychiques liées au travail ont connu une hausse de 6% par rapports à l’année précédente. Une augmentation de…

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Auteur: Le Poing

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