Star des jardins, le mimosa fragilise des écosystèmes locaux

Avec son parfum de miel et ses boules duveteuses d’un jaune éclatant, il illumine les mois d’hiver. Le mimosa, « un feu d’artifice qui annonce le printemps », selon les mots de Julien Cavatore. Au téléphone, le pépiniériste installé dans le Var ne tarit pas d’éloges sur cet arbre « généreux » et « facile à cultiver ». Si prodigue, cependant, qu’il a fini par s’étendre au détriment de la flore environnante.

À quelque 60 km de la pépinière Cavatore, Bénédicte Cornuault se bat en effet sans relâche contre le mimosa d’hiver — Acacia dealbata, la variété la plus connue parmi les 1 300 existantes à travers le monde. « Cet arbre a une colonisation très rapide, et crée des mimoseraies très denses, sans chance pour la flore locale de s’y déployer », explique cette spécialiste.

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L’arbre peut en effet drageonner — en clair, produire de multiples rejets, à partir de son système racinaire. Et bourgeon sur le gâteau, il émet des substances toxiques limitant la croissance de la végétation alentour.

Avec le Conservatoire des espaces naturels — dont elle est salariée — Bénédicte Cornuault tente ainsi de limiter son expansion au sein du massif de l’Estérel, aux portes de Fréjus. « On a des oueds à lauriers roses, très rares à l’état sauvage, et un maquis avec du ciste crépu qui sont directement menacés, souligne-t-elle. La faune ne s’y retrouve pas non plus, en particulier les tortues Hermann, une des rares espèces terrestres vivant en France, qui a besoin de milieux ouverts. »

Des campagnes de coupe et de dessouchage

Originaire d’Australie, le mimosa est amené en France au début du XIXe siècle par l’explorateur Nicolas Baudin. Planté dans les jardins du château de l’impératrice Joséphine de Beauharnais, l’arbre séduisit les parfumeurs. À la fin du siècle, il fut massivement planté sur…

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Auteur: Lorène Lavocat

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