2 ans après sa victoire aux élections générales de 2024, le désormais ex-premier ministre socialiste britannique, Keir Starmer à démissionné de ses fonctions le 22 juin. L’impopularité écrasante de Starmer et l’affaiblissement des socialistes sont aussi liés à l’installation de nouvelles dynamiques de gauche au Royaume-Uni et la décrédibilisation majeure du Labour auprès des classes populaires qui ouvre un espace à la radicalité.
Depuis son accession à la direction du Labour en avril 2020, Keir Starmer mène une entreprise méthodique de reprise en main du parti, que la gauche britannique qualifie sans détour de purge. Il faut d’abord rappeler le contexte : le Labour sort de la défaite électorale de Jeremy Corbyn en 2019, et Starmer se présente comme le candidat de l’unité. Cinq ans plus tard, le bilan dessine une liquidation systématique de l’héritage radical qu’a tenté d’impulser Corbyn.
Le premier séisme survient en octobre 2020. Après une longue campagne diffamatoire visant à qualifier Corbyn d’antisémite, Starmer finit par le suspendre et lui retirer le « whip » : un terme central dans le fonctionnement du parlementarisme britannique qui désigne à la fois la discipline de vote imposée aux députés d’un même parti et, par extension, le statut officiel qui les rattache à leur groupe parlementaire. Perdre le whip, c’est siéger comme député indépendant, sans pouvoir voter au nom du parti ni bénéficier de son organisation. Une sanction sans précédent depuis 1931. Ce climat sert de rampe de lancement à une offensive plus large contre les organisations de gauche radicale qui avaient structuré le parti pendant les années Corbyn. En juillet 2021, Le Labour vote la « proscription » de quatre organisations proches de la tendance Corbyn : Socialist Appeal, Labour Against the Witchhunt, Labour in Exile Network et Resist. La proscription est un dispositif spécifique au droit interne des…
Auteur: Amine Snoussi

