« Un assassin en puissance a tenté de tuer des agents fédéraux, et le Parti démocrate officiel prend le parti des terroristes. » Tels sont les mots que Stephen Miller avait choisis pour commenter, sur son compte X, la mort d’Alex Pretti, l’infirmier abattu de dix balles par la police fédérale de l’immigration (ICE) à Minneapolis le 24 janvier, avant de reconnaître de possibles manquements au « protocole ».
Un échantillon parmi la myriade des mensonges iniques et martiaux qui font la signature de ce proche conseiller de Trump, architecte des politiques autoritaires. Car Stephen Miller est avant tout un adepte de la loi du plus fort, désavouant « les beaux principes internationaux » comme il aime à le déclarer à CNN, le 5 janvier, pour légitimer l’annexion envisagée du Groenland : « Nous vivons dans un monde, dans le monde réel, qui est régi par la force, qui est régi par la puissance, qui est régi par le pouvoir. »
Ce pouvoir, force est de constater que Stephen Miller en est pourvu : chef de cabinet adjoint, l’homme de 40 ans est aussi conseiller à la Sécurité intérieure des États-Unis depuis janvier 2025. Cette superposition de rôles est caractéristique de l’administration Trump 2.0 qui se plaît à concentrer les fonctions dans un groupe restreint de fidèles.
Miller a su manœuvrer en comprenant que la maîtrise du langage constituait un levier de l’action politique.
P. Mourier
L’homme est l’illustration de cette loyauté payante qui « lui a permis de gravir les échelons très rapidement et d’être aujourd’hui l’un des rares survivants de la première administration à être toujours en place lors du deuxième mandat », relate Maxime Dafaure, doctorant et enseignant à l’université Gustave Eiffel dont les travaux portent sur l’extrême droite états-unienne.
L’homme qui murmure aujourd’hui à l’oreille de Trump lui a…
Auteur: Juliette Heinzlef

