Des pigeons appâtés et capturés dans des cages, transportés, puis gazés dans des caissons à CO2… Ce scénario se déroule dans encore beaucoup trop de villes françaises, selon Projet Animaux Zoopolis (PAZ). L’association de défense animale a révélé le 8 décembre le nom de vingt villes — les plus grandes sur un total de 250 — ayant recours à des méthodes jugées cruelles pour réduire le nombre de pigeons sur leur territoire. Dans cette liste figurent notamment Lille, Reims, Brest, Orléans et Nancy.
Le gazage au CO2 est la méthode la plus utilisée dans les villes, après la capture des pigeons. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pigeons ne sont pas anesthésiés, précise Amandine Sanvisens, cofondatrice de PAZ. Ce gazage occasionne une mort extrêmement lente. Pendant plusieurs minutes, les oiseaux agonisent. Sans compter que la capture dans des cages est également très violente. Les pigeons peuvent parfois rester plusieurs jours sans boire ni manger si les cages ne sont relevées qu’une fois par semaine. »
L’ambition de PAZ avec la publication de cette liste de villes : sensibiliser les candidats aux élections municipales de mars 2026 afin qu’ils prennent des engagements pour ne plus recourir à ce type de pratiques. Depuis trois ans, l’ONG dresse un état des lieux en réclamant aux mairies des documents administratifs (arrêtés municipaux, factures de société de dépigeonnisation…) permettant d’identifier leur politique de gestion des pigeons. « Nous voulons savoir où va l’argent public surtout quand il alimente la souffrance animale », explique la militante.
Certaines villes utilisent également le gazage mais avec un autre gaz, l’argon, qui serait moins douloureux. « On n’est pas là pour négocier la méthode utilisée, notre objectif, c’est que les pigeons ne soient plus tués », souligne Amandine Sanvisens. PAZ fait pression par tous les moyens :…
Auteur: Fabienne Loiseau

