Katherine Fauvin, Yvon Chéry et François Guerroué sont membres de la coopération Luttes locales en région Centre.
Olivier Bouygues et ses hommes de main sont en procès à Orléans ces lundi 7 et mardi 8 septembre, pour avoir massacré des espèces protégées et élevé de manière trop intensive les sangliers dans un enclos de chasse à La Ferté-Saint-Aubin. Cette sordide histoire est emblématique de la Sologne actuelle, immense forêt parsemée d’étangs, dominée par une forme particulière d’agro-industrie : celle de la chasse, la « cynégétique » comme on dit ici, et du tourisme de luxe qui lui est associé.
Cette agro-industrie fabrique un paysage singulier : en Sologne, la plupart des chemins ont disparu, remplacés par grillages et miradors dans ce pays où la propriété privée règne en maître absolu.
Il faut souligner le courage des officiers de l’Office français de la biodiversité (OFB) dans cette affaire. Mais l’occupation du territoire par les milliers de kilomètres de grillages des enclos de chasse solognots ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : ce procès ne peut pas se limiter à une histoire d’espèces protégées et de sangliers sur le domaine d’Olivier Bouygues.
Le procès de tous les milliardaires et leurs complices brutaux
Ce procès devrait être celui de toute cette caste d’ultrariches séparatistes qui fait notamment sécession dans le Val-de-Loire, jardin de la France où fleurissent les paradis des grands domaines et leurs si jolis châteaux. Cette caste, depuis trop longtemps, bien avant l’engrillagement et le paysage de camp militaire qu’on connaît aujourd’hui en Sologne, prend ce pays pour sa chasse gardée, une extension de Paris dont on dit à juste titre qu’elle en constitue le vingt-et-unième arrondissement sauvage.
Ce procès ne devrait pas être seulement celui d’un milliardaire et de ses hommes de main. Mais celui de tous les milliardaires et leurs…
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