La police tue. Ici, en Suisse aussi. Depuis 2013, au moins cinq hommes noirs ont perdu la vie dans le canton de Vaud à la suite d’interventions policières : Mike Ben Peter, Lamine Fatty, Roger “Nzoy” Wilhelm, Hervé Mandundu et, plus récemment, Marvin Shalom Manzila, mort à Lausanne. Ces morts ne sont pas des accidents isolés, mais le produit d’un système où le contrôle, le racisme et l’impunité se renforcent mutuellement.
Chaque décès a suscité colère, manifestations et appels à la justice. Dans le cas de Roger “Nzoy” Wilhelm, la réouverture récente de l’enquête est le fruit de longues années de mobilisation, qui ont fissuré la version policière initialement présentée comme vérité officielle. Derrière chaque nom, il y a des familles brisées, des communautés en lutte, et la nécessité de rappeler sans cesse que la violence policière ne relève pas d’excès individuels mais d’une structure de pouvoir.
C’est par le cinéma que le cycle STILL WE’LL RISE propose de prendre position : en faisant dialoguer archives, récits et créations, il interroge la légitimité du pouvoir policier et met en lumière les résistances individuelles et collectives. Les films rappellent que la violence d’État est toujours située : elle frappe certain·xes plus que d’autres, selon des lignes de race, de classe, de genre. Mais ils montrent aussi que, face à cette violence, les communautés résistent, se souviennent, s’organisent.
Généalogie de la violence
Le premier programme, STILL WE’LL RISE : Généalogie de la violence, relie l’histoire longue de l’esclavage et des violences coloniales aux formes contemporaines de surveillance, de répression et de contrôle.
Avec Black Code (Louis Henderson, 2015), le cinéma se fait collage poétique et agit-prop enragée. Par un montage qui superpose sons et images d’époques différentes, qui confronte textes, archives et citations, Henderson fait surgir une…
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