Pour limiter la hausse de la concentration du carbone dans l’atmosphère, qui ne cesse d’amplifier la catastrophe climatique, il n’y a, mécaniquement, que deux solutions. Ne pas émettre ce carbone, ou bien le retirer après émission. Cette seconde option vient de prendre un sérieux coup de plomb dans l’aile après la publication d’une étude scientifique, le 3 septembre dans la revue Nature, estimant que les capacités de stockage sûres et certaines de carbone dans le sous-sol étaient dix fois moins importantes que prévu.
Toutes les technologies d’élimination du carbone, connues sous l’acronyme CDR (pour Carbon Dioxide Removal), consistent à piéger du carbone présent dans l’atmosphère pour l’enfouir dans le sous-sol, dans une couche géologique suffisamment profonde et stable pour être sûr qu’il ne s’en échappe pas. Ces technologies sont balbutiantes : on stocke environ aujourd’hui une cinquantaine de millions de tonnes de CO2 par an dans le sous-sol terrestre. Une goutte d’eau face aux 40 milliards de tonnes de CO2 (Gt de CO2) émises chaque année dans le monde. Autre ordre de grandeur : on estime les émissions cumulées depuis 1850 à plus de 2 500 Gt de CO2.
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Mais les ambitions sont énormes. L’Agence internationale de l’énergie évoque une capacité mondiale de stockage comprise entre 8 000 et 55 000 Gt de CO2. Les pétroliers calculent quant à eux le potentiel mondial à plus de 14 000 Gt de CO2. C’est ce dernier chiffre que vient tacler le travail des scientifiques, piloté par l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (Iiasa) : seules 1 460 Gt de CO2 seraient vraiment stockables de manière réaliste, écrivent-ils dans Nature.
La « baguette magique » des CDR
Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont exclu des sites d’enfouissement potentiel du carbone tous…
Auteur: Vincent Lucchese

