Repenser la place de la voiture individuelle
26 milliards d’euros. C’est la somme que coûtent actuellement près de 91 projets et infrastructures routiers et autoroutiers recensés aujourd’hui en France par le collectif La Déroute des routes. Une somme colossale, surtout lorsque l’on pourrait se passer de près de la moitié d’entre eux, comme l’explique Bruno Dalpra, membre du collectif alsacien GCO Non Merci pour La Relève et la Peste.
« Il existe 55 projets contestés, pour un coût de 18 milliards d’euros. L’exemple le plus emblématique, c’est l’A69. Ce projet autoroutier est un symbole de ce qu’il faut précisément changer dans la façon d’aborder les infrastructures. Au sein de GCO, nous ressentons une certaine amertume, une colère, parce qu’on voit se répéter des schémas que nous avons vécu dans notre lutte ».
En effet, avec son collectif local, Bruno Dalpra avait déjà lutté contre le Grand contournement ouest de Strasbourg qui, après avoir été remis en doute en 2021 par le tribunal administratif de Strasbourg, est tout de même entré en service, bafouant les réglementations écologiques et autres mesures compensatoires.
Partant de ce constat comme de tant d’autres en France, le collectif La Déroute des routes, regroupant de nombreuses associations luttant contre des projets routiers destructeurs, travaille d’arrache-pied depuis plusieurs années déjà afin d’amener à repenser la place de la voiture au quotidien en France mais aussi de rediriger le budget routier vers des mobilités en cohérence avec les enjeux environnementaux actuels.
Crédit photo : John Lamb
À ce titre, un moratoire sur les projets routiers et autoroutiers avait été publié en 2022, grâce au travail des membres du collectif mais aussi de plusieurs députés. En septembre de la même année, La Déroute des routes est reçue à l’Assemblée nationale et auditionnée par Alma Dufour, alors rapporteur spécial de…
Auteur: Juliette Boffy

