Ce samedi 3 octobre à Gaillon, dans l’Eure, près de 15000 personnes et plus d’une vingtaine de tracteurs se sont élancés à 15 heures en direction de l’usine de production de pesticides Syngenta de St Pierre la Garenne et du site voisin de Nufarm, à l’appel de Cancer Colère, de la Confédération paysanne, du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest (CSVPO) et des Soulèvements de la terre, avec l’appui de plus de cinquante organisations syndicales, paysannes et écologistes.
[Pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette lutte, nous vous invitons à regarder notre interview avec Fleur Breteau et Sophie Chapelle : Cancer et pesticides, politiser la colère ]
Malgré l’autorisation de manifester finalement délivrée par la préfecture et le refus par les organisateurs de se laisser imposer un parcours loin du site, les manifestant-es ont du faire face à de nombreux contrôles à la gare et sur les routes. Mais petit à petit le grand rond-point à la sortie de Gaillon est submergé par la foule et se transforme en agora foisonnantes de messages. Au milieu, un tracteur a installé son plateau agricole. Des paysan.nes et malades des pesticides, les un.es contre les autres, vont successivement y prendre la parole. Ce qui frappe alors comme rarement pendant plus d’une heure est l’écoute silencieuse de milliers de personnes ponctuée régulièrement par de grand cris de colère et d’encouragement collectifs.
Après un premier message de soutien aux lycéen.nes du pays en révolte et un appel venir les rejoindre sur les blocages en tracteurs, Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne et éleveuse ardèchoise, attaque furieusement le modèle agro-industriel : « ça bousille les sols, ça bousille la vie, ça bousille l’eau, mais aussi nos savoir-faire et notre autonomie. Si on veut continuer à produire, à se nourrir, tout simplement à vivre…
Auteur: dev
