Brasília (Brésil), correspondance
Combattre le feu par le feu. Cette pratique indigène, que la colonisation avait tenté d’effacer, est de nouveau reconnue au Brésil depuis le 31 juillet dernier. Le gouvernement l’a ajoutée à sa nouvelle politique de gestion intégrée du feu. Le pays a bien besoin de revoir sa politique de lutte contre les incendies, alors qu’il connaît sa pire sécheresse depuis soixante-dix ans.
Amazonie, Cerrado, Pantanal… Depuis plusieurs mois, presque aucune région du Brésil n’échappe aux flammes, alimentées par une sécheresse inédite. Et, comme chaque année, les feux battent de tristes records. Plus de 9 100 foyers d’incendie ont par exemple été recensés depuis le début de l’année au Pantanal, plus grande zone humide du monde, selon les données de l’Institut brésilien de recherche spatiale (Inpe) consultées le 1er septembre.
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Bien que la déforestation en Amazonie ait diminué, la région connaît son pire scénario d’incendies depuis vingt-quatre ans, avec plus de 65 600 foyers recensés, soit une augmentation de 104 % par rapport à la même période en 2023. La fumée des feux voyage des milliers de kilomètres et a recouvert différentes villes dont la capitale Brasília.
Face à cette situation, le gouvernement brésilien a ainsi mis cette nouvelle « politique nationale de gestion intégrée du feu ». Expérimentée depuis 2014 dans des dizaines d’unités de conservation fédérales et étatiques, et des territoires indigènes, elle est défendue par les scientifiques, qui soulignent que la gestion du feu peut réduire le potentiel destructeur du feu lui-même. Au cœur de cette approche figure, entre autres mesures, le développement des « feux prescrits », ou brûlages dirigés et contrôlés dans les savanes du pays.
Mosaïques et chemins de fuite
« L’objectif est de créer des…
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Auteur: Aglaé Watrin

