Tiré du webzine Les Ourses à Plumes :https://lesoursesaplumes.info/2017/…
Prendre le contrôle de la narration
La première chose que va faire un agresseur, et avec une rapidité qui en soit est déjà suspecte, c’est reprendre le contrôle de la narration. Parfois dès les faits et avant la dénonciation, en anticipant le risque de cette dernière, souvent dès qu’il en a connaissance. Il va solliciter tous ses soutiens, camarades, réseaux affinitaires, structures… le plus vite possible, en faisant circuler sa version des faits. Pour toucher le plus de monde possible, il écrira probablement très vite un texte qui passera sur les listes mails, voire sur des sites web (parfois même sur un site dédié). Il multipliera les entrevues, les publications sur les réseaux sociaux, il se rendra dans tous les cadres de sociabilité possibles, pour se montrer et se faire entendre. Bref, il prendra toute la place, et couvrira de son vacarme la version de la victime, souvent peu encline à donner publiquement des détails de son traumatisme. Et beaucoup de gens le laisseront faire ou l’assisteront, par confort, par amitié, pour ne pas remettre en question leurs propres pratiques ou leurs relations interpersonnelles.
L’offensive sexiste frontale
L’agresseur, et ses proches vont le plus souvent jouer une partition très classique qui consiste à décrédibiliser la victime. Selon l’auditoire et la réception des arguments, illes pourront développer les axes qui fonctionnent le mieux : du slut-shaming de base (mettre en avant la vie sexuelle de la victime, construire une image de nympho, de meuf disponible sexuellement), à la psychophobie sexiste élémentaire (la personnalité, les antécédents psychologiques voire psychiatriques seront mis en lumière pour qualifier la victime d’instable, d’hystérique, de mythomane…)
Le temps écoulé, les désaccords autres qui peuvent avoir eu lieu (politiques, ruptures, jalousies…) ou à l’inverse…
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