« Ces derniers jours à rester enfermée, seule dans le noir à travailler, ont été très durs. » Lisa, 25 ans, vit dans un petit appartement à Paris et souffre d’un trouble anxio-dépressif. Comme beaucoup, la vague de chaleur qui accable la France l’a obligée à chercher la fraîcheur en restreignant ses déplacements. Mais le syndrome qui la touche la rend plus sensible aux effets de la canicule.
Les fortes chaleurs perturbent la thermorégulation du corps humain, ce qui bouscule l’équilibre neuropsychique de tous et plus encore de celles et ceux qui souffrent de troubles psychiques. Le sommeil déréglé par les nuits tropicales altère les capacités de régulation émotionnelle en accentuant l’irritabilité et l’anxiété. La hausse des températures augmente également la sécrétion de cortisol, l’hormone du stress.
Sur les réseaux sociaux, nombre de personnes témoignent d’un certain mal-être. C’est « angoisse puissance 1 000 avec cette chaleur », écrit ainsi Martine sous un post Instagram sur le lien entre canicule et santé mentale. « Le sommeil perturbé déclenche très vite un épuisement intense », ajoute Olivia. « Depuis que je suis sous traitement, les étés, la chaleur est beaucoup plus dure qu’avant », poursuit Jennie.
Cette fournaise affecte autant les corps que les esprits. « Les canicules sont des moments de repli au domicile qui peuvent accentuer la sensation de solitude, souligne le Dr Marion Robin, pédopsychiatre à l’Institut Montsouris. Elle diminue les activités sociales et physiques protectrices de la santé, telles que le sport et voir ses proches. Les personnes âgées, les adolescents et les jeunes adultes y sont particulièrement sensibles. »
Une tolérance à la chaleur perturbée par les antidépresseurs
Pour les personnes atteintes d’un trouble de la santé mentale, cette vague caniculaire augmente les facteurs de vulnérabilité. Ce qui se traduit par une…
Auteur: Moran Kerinec

