« Stups » : petites mains menottées



Stups / Alice Odiot et Jean-Robert Viallet / 1 h 26

« Il y aura toujours des gens comme moi ici, des rebeus, des gitans. On nous dit “si tu restes droit…”, mais c’est du mensonge tout ça. Si t’as été en prison, tu peux pas te racheter. Impossible. » Interpellé en possession de 61 grammes de cannabis et 15 grammes de cocaïne, un prévenu s’adresse en ces termes à un enquêteur social avant son audience.

Des moments de vérité comme celui-ci, Stups en propose des paquets, déballés au cours des comparutions de différentes petites mains du trafic de drogues à Marseille : les guetteurs souvent mineurs, les vendeurs, les « nourrices » et les conductrices… Après Des hommes en 2019, portant sur la prison des Baumettes, le duo de documentaristes Alice Odiot et Jean-Robert Viallet remonte la chaîne de l’industrie carcérale pour filmer le tribunal judiciaire de Marseille.


Sur le même sujet : « Des hommes »,d’Alice Odiot et Jean-Robert Viallet : Marseille à l’ombre

Points de vue

Le film se focalise sur les prolétaires du trafic de stupéfiants, ceux qui enchaînent les allers-retours en prison au profit de leurs patrons, qu’on ne verra jamais à l’écran. La narration construit un regard sociologique assez fin, qui n’élude pas le contexte social poussant les suspects dans l’illégalité. À ce titre, la condamnation à huit mois de prison ferme d’une femme dont la condition relève de la traite d’êtres humains apparaît comme l’injustice la plus flagrante.

À défaut de pouvoir suivre les prévenus dans leur vie quotidienne, on quitte parfois leur procès pour les retrouver dans leurs geôles…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Marius Jouanny

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com