Quel genre d’art les régimes totalitaires laissent-ils derrière eux ? Un nouveau livre gratuit intitulé Congo Style : From Belgian Art Nouveau to African Independence explore la culture visuelle, l’architecture et les sites patrimoniaux du pays aujourd’hui connu sous le nom de République démocratique du Congo (RDC). Pour ce faire, il explore deux régimes aujourd’hui célèbres : le règne du roi Léopold II (1885-1908) sur la colonie belge du Congo et le Zaïre totalitaire de Mobutu Sese Seko, établi lorsqu’il a pris le pouvoir par un coup d’État militaire en 1965 après cinq années de bouleversements politiques. Nous avons posé cinq questions à Ruth Sacks, artiste et chercheuse en culture visuelle, à propos de son livre.
Quel était votre objectif ?
Il y a des années, alors que j’étais en Belgique pour une résidence artistique, j’ai commencé à m’intéresser au mouvement moderniste précoce art nouveau (1890-1914). En architecture et en art, cette période fait partie du modernisme du XXe siècle, connu pour son esthétique minimale et épurée, influencée par les nouvelles technologies et l’avènement des machines. L’Art nouveau se distingue par son caractère très décoratif, tout en utilisant les nouveaux matériaux de construction que sont le fer et le verre.
University of Michigan Press
Ce qui m’intéressait, c’était la nature coloniale de l’art nouveau. L’art nouveau s’est accompagné d’un sens très fort de la définition des États-nations nouvellement formés (ou unifiés) en Europe de l’Ouest. C’est le style utilisé lors des expositions universelles. Il s’agissait de grandes expositions présentant les réalisations scientifiques et culturelles des pays occidentaux, y compris l’acquisition de colonies.
Un pavillon colonial de style art nouveau à l’exposition universelle de Bruxelles en Belgique en 1897 a contribué à établir l’un des noms…
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Auteur: Ruth Sacks, Senior Lecturer in Visual Art, University of Johannesburg

