Les recherches du submersible Titan continuent alors que les réserves en oxygène de l’appareil devraient s’épuiser ce jeudi. Si les circonstances de l’accident ne sont pas encore connues, ce drame interroge sur la sécurité de telles expéditions.
Le contexte dans lequel le Titan a disparu est inquiétant. Des rapports détaillant des documents judiciaires issus d’une affaire datant de 2018 montrent qu’OceanGate, la société responsable du Titan, a licencié un employé, David Lochridge, après qu’il a exprimé des inquiétudes quant à la sécurité du submersible.
Lochridge n’était pas d’accord avec OceanGate sur la meilleure façon de démontrer la navigabilité de l’engin, et s’est opposé à la décision d’OceanGate d’effectuer des plongées sans « essais non destructifs » préalables sur la coque du navire pour prouver son intégrité. Ces derniers visent à caractériser l’état d’intégrité des structures ou de matériaux de l’engin.
Toujours en 2018, une lettre envoyée à OceanGate par le Comité des véhicules sous-marins habités de la Marine Technology Society, signée par 38 experts, a exprimé des réserves quant à la sécurité du submersible. Ils y affirment notamment que « l’approche expérimentale adoptée par OceanGate pourrait entraîner des incidents (de mineurs à catastrophiques) qui auraient de graves conséquences pour tous les acteurs de l’industrie ».
Comme on peut le constater à la lecture de ces échanges, l’ingénierie et la réglementation des submersibles de haute mer restent un territoire quelque peu inexploré. Et comme le Titan opère dans les eaux internationales, il est techniquement libre de toute gouvernance par les réglementations d’un seul pays.
Dans ce cas, la plupart des concepteurs de submersibles choisissent de faire certifier la conception du navire par une société de classification. Il apparaît qu’OceanGate ne l’aurait pas fait pour le…
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Auteur: Eric Fusil, Associate Professor, School of Electrical and Mechanical Engineering, University of Adelaide

