L’Autorité environnementale a pointé de sérieuses zones d’ombre autour du chantier des deux réacteurs EPR2 que EDF prévoit de construire à Penly (Seine-Maritime). Dans un avis publié le 15 octobre, cette instance indépendante estime que plusieurs aspects du projet présentent des « implications possibles pour le milieu et la santé humaine » que le maître d’ouvrage doit « approfondir ».
L’instance juge « encore insuffisante » la prise en compte du dérèglement climatique par EDF, notamment face au « risque de submersion lié à la montée des eaux et aux tempêtes accrues ». Le rapport met aussi en cause les « rejets en mer de substances toxiques ou cancérigènes », dont les effets globaux n’ont pas été évalués « à l’échelle de la centrale ». Dans ces conditions, « il n’est pas possible à ce stade d’affirmer qu’il n’y a pas d’impacts significatifs sur l’environnement et la santé humaine, ni même que la réglementation sera respectée ».
« Destruction d’habitats marins »
Les auteurs dénoncent en outre « la destruction d’habitats marins remarquables et sensibles sans compensation à la hauteur des impacts ». L’Autorité environnementale regrette par ailleurs que certaines parties des documents de sûreté aient été exclues de son analyse « pour raison de sécurité », une restriction allant « au-delà des prescriptions réglementaires ».
Enfin, EDF n’aurait pas précisé les montants à provisionner pour « le démantèlement » des réacteurs, ni pour « la gestion des déchets et la remise en état du site ». Sollicitée par l’AFP, l’entreprise affirme faire de « la protection de l’environnement une priorité » et assure que « le changement climatique est intégré à la conception des EPR2 ». Elle promet une « réponse détaillée » lors de l’enquête publique prévue en 2026.
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