Subversion sensible

Au ventre nous brûle un manque qui nous avale,
nous affaiblit – on se passe si bruyamment,
si futilement de l’univers !
Partout en maître et possesseur de la nature
l’humain trop humain s’affiche –
image ventriloque dans sa vaine suffisance.

Pourtant, il suffit d’un rien, un minimum de terre/ciel –
murmure flagrant dans un claquement d’orage…
juste un désir que rien n’arrête, comme l’abeille
en poussière de pollens mémorise la chaleur.
Il suffit d’aller trop loin, hors des mécaniques
qui écrasent nos vertèbres dans des décors de villes nouvelles
et rester là, aux aguets, à rebrousse-poil de l’histoire
pour soudain sentir sous la peau la nuit respirer
faire sauter les acquis trop bien huilés, trop vite servis.
La nuit, corolle ouverte, irriguant par averses,
les chambres nues de l’enfance – tout l’irrésigné en nous !

Revenir à la terre comme à notre âme primitive.
Le passage du temps s’engouffre dans la poitrine,
monte comme un bruit de tambour jusqu’au moment
où le vécu éclate – bourgeon en sueur de la durée.
Réalité opératoire, voilà le chemin de glaise
au commencement des choses… voilà ce traineau d’écorces
contre le front endolori de tes pensées.
Être allé au-delà du souci de soi !
À bout de terre remonte la mer dans la cité déserte.
À bout de mer remonte la terre couronnée de fièvre et de lenteur.

Je choisis mes mots
contre les décors fantoches des olympiades,
contre leurs records amidonnés au cintre du pouvoir.
Je choisis mes mots
contre les cercles vicieux des politiques gestionnaires,
contre leurs parcs d’attraction, adossés aux murs d’angoisse
des sans logis.
Échec et mat aux collections éventées de la marchandise !
C’est notre souffle qui est en jeu… Ici mes silences
aux yeux brûlants, ma voix trempée dans un champ d’orties.
Je recommence l’empreinte des choses sur mes pensées.
Sur la roche l’orage éclate.
J’opère. Je me…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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