On tend souvent à survaloriser la part du mérite dans les situations de réussite et d’échec. S’il en résulte un certain confort psychologique, cette vision réductrice peut, à long terme, avoir également des effets contre-productifs.
Une société est considérée comme « méritocratique » si les résultats (réussites ou échecs) des individus dépendent de leur mérite, c’est-à-dire à la fois de leurs capacités et des efforts qu’ils ont mis en œuvre pour atteindre leurs objectifs.
En bref, une personne qui réussit à obtenir un bon diplôme – ou un emploi bien rémunéré – par la force de son travail ou par son talent est généralement considérée comme méritant cette position et les avantages qui y sont associés. C’est beaucoup moins le cas si sa réussite est perçue comme due à la chance, ou au piston dont elle a bénéficié.
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La réalité est bien entendu plus complexe. Il existe un très grand nombre de raisons qui amènent une personne à réussir ou à échouer, parmi lesquelles certaines relèvent de son mérite et d’autres non (par exemple, elle a bénéficié d’un environnement favorable, a eu de la chance…).
Malgré tout, les explications qui relèvent du mérite et, en particulier, de sa dimension « contrôlable », reposant sur des efforts, sont souvent privilégiées lorsque les individus cherchent à expliquer leur réussite (ou échecs) ou celle des autres.
Une enquête récente montre par exemple qu’à la question « Dans votre pays aujourd’hui, quelle est à votre avis l’importance de chacun des facteurs suivants pour réussir dans la vie ? », 83 % des répondants ont considéré que « travailler dur » était…
Auteur: Céline Darnon, Professeure de psychologie sociale, Université Clermont Auvergne (UCA)

