Dans de nombreux pays, la mobilisation de la ressource en eau comme élément de boisson est compliquée par l’absence de moyens de distribution d’une eau traitée ou d’une ressource de qualité suffisante, avec par conséquence l’utilisation d’une eau de surface non conditionnée.
L’ébullition est encouragée et constitue une réponse souvent envisagée pour réduire le risque sanitaire associé à la consommation d’une eau dont la qualité peut être suspecte. On peut cependant s’interroger sur l’efficacité de l’ébullition vis-à-vis de risques sanitaires qui peuvent être inhérents à sa consommation.
Je suis chercheur spécialisé dans le domaine de l’hygiène de l’eau. Mes travaux portent sur la qualité de l’eau, la gestion des ressources en eau potable, le traitement des eaux usées ou l’analyse des risques microbiologiques et chimiques associés à l’eau. Dans cet article, je réponds à la question de savoir s’il suffit de faire bouillir de l’eau pour la répondre potable. Je propose de répondre à cette question en trois temps.
Une pluralité d’éléments présents dans l’eau
Il convient tout d’abord d’avoir une vision précise des éléments qui peuvent être présents dans l’eau. Parmi les éléments les plus sensibles et venant immédiatement à l’esprit, figurent les micro-organismes comme les bactéries, certains virus ou des protozoaires. Un protozoaire est embranchement du règne animal le moins évolué comprenant des animaux à une seule cellule. Les bactéries dans l’eau comme dans la nature sont très nombreuses et variées, et peuvent de la même façon présenter un niveau de risque très variable pour la santé humaine. Certains germes hydriques survivent longtemps dans l’eau alors que d’autres ne survivent que quelques jours.
La présence de coliformes comme Escherichia coli (bactéries que l’on retrouve dans les intestins humains) est associée à une contamination aiguë ou récente…
Auteur: Michel BAUDU, Professeur dans la spécialité eau et environnement , Université de Limoges

