Fred Bozzi, auteur de Dix sports pour penser l’ouverture aux éditions lundimatin revient cette semaine sur l’élimination de la France par la Chine en demi-finale des championnats du monde de tennis de table. Faut-il penser le sport par-delà les pseudo-évidences de la physiologie et des neurosciences ?
Les adversaires de l’équipe de tennis de table masculine chinoise ont été défaits pour la 12e fois consécutive aux Championnats du monde (25 ans que cela dure). Mais à peine ont-ils perdu qu’ils se projettent vers une victoire imaginaire – à grands coups de projets à piloter. En sport, c’est sûr, tout recommence vite, et l’on peut rebondir…. C’est la magie du progrès, dit-on. Et c’est là aussi le drame. Car l’espoir sans fin ne permet pas d’apercevoir une défaite plus profonde : identifié au règne de la vitesse de réaction, de décision et d’exécution, le ping-pong sert la mise en information de soi, des autres et du monde – ce dont raffole le système en Chine. Aussi semble-t-il pertinent de contrarier les évidences de la physiologie et des neurosciences pour initier une lucidité nouvelle.
Notre défaite
Des informations captées par les sens sont transmises via les nerfs à la moelle épinière, puis conduites vers le cerveau pour y être traitées. Vient ensuite une décision en un autre lieu du cerveau. Celle-ci déclenche un signal qui est transmis par les neurones jusqu’à la jonction neuromusculaire, où l’influx stimule le muscle. Ce dernier est un moteur capable de transformer l’énergie chimique en énergie mécanique. Un message y est libéré par un neurotransmetteur, l’acétylcholine, qui déclenche une transformation chimique (l’hydrolyse de l’adénosine triphosphate : ATP + 2 H2O → ADP + Pi + H3O). Une contraction s’ensuit : les filaments de myosine des fibres se rapprochent, il en résulte une réduction du muscle et, comme les muscles sont fixés sur les os, alors la…
Auteur: dev

