Dan Diaz avait fait « la totale » : école privée catholique, servant d’autel. Mais aujourd’hui, le Californien est plus connu comme une figure médiatique du débat sur la fin de vie. En 2014, à l’âge de 29 ans, sa femme Brittany se voit diagnostiquer une tumeur au cerveau agressive, et déménage de Californie en Oregon pour pouvoir bénéficier de l’aide médicale à mourir. À son chevet, Dan promet à sa femme qu’il consacrera le reste de sa vie à aider d’autres États américains à légaliser l’aide à mourir.
Dans son nouvel apostolat à travers les différents États américains, Dan Diaz a souvent le même opposant, souvent virulent : l’Église catholique. « Je conçois qu’ils aient une opinion différente, mais je ne comprends pas pourquoi ils veulent autant l’imposer sur le reste de la société, alors qu’eux-mêmes n’utiliseront pas cette loi ! » Sur la question de la fin de vie, la vision catholique du « bien commun » se heurte aux principes individualistes qui forgent l’identité américaine.
Des efforts concentrés sur l’avortement
Dans l’Oregon, lors des premiers débats sur l’aide médicale à mourir en 1994, la communauté médicale ne se mobilise pas massivement contre le texte. L’Église catholique, accompagnée de l’Église mormone, est en première ligne de l’opposition. L’archevêque de Portland, William Levada, publie une lettre pastorale résumant les inquiétudes morales du clergé catholique. Mais l’impact politique du texte est minime, se heurtant à la forte culture séculaire de l’Oregon, où les catholiques ne représentent que 14 % des habitants. « Surtout, cet appel n’a pas été vraiment suivi par les catholiques qui, eux, avaient tendance à se concentrer sur l’avortement », explique Courtney Campbell, sociologue des religions à l’Oregon State University.
Un détour le samedi 18 mai par la Marche pour la vie locale à Salem illustre le paradoxe :…
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Auteur: Youna Rivallain

