Militantes de l’organisation SolidaritéS et au sein de la Grève féministe, elles reviennent sur la crise de la reproduction sociale que révèlent les politiques d’austérité et la dégradation des services publics. Elles interrogent les conditions d’une mobilisation capable d’articuler le travail reproductif rémunéré et non rémunéré, sans effacer les divisions de classe, de genre et de race qui le traversent. À partir de l’expérience des mobilisations suisses, elles défendent ainsi la perspective d’un féminisme marxiste qui fasse de la reproduction sociale un terrain central de la lutte anticapitaliste, antifasciste et internationaliste.
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Partout dans le monde, les programmes austéritaires se succèdent, correspondant à une privatisation de la sphère de la reproduction sociale. Cette phase néolibérale du capitalisme n’est pas sans poser des questions stratégiques au mouvement féministe. Vous avez été très actives dans les mobilisations qui ont eu lieu en octobre dans le canton de Vaud contre l’austérité budgétaire et vous expliquiez alors que cette attaque contre les services publics traduisait, plus globalement, une crise de la reproduction sociale.
Noémie : Les attaques contre les services publics montrent que les moyens alloués à la reproduction sociale (l’éducation, le soin, la santé ou la formation) sont considérés comme des variables d’ajustement. Lorsque les comptes publics sont présentés comme mauvais ou déficitaires, on coupe dans ces secteurs, avec l’idée que ça n’a pas trop de conséquences. Cela traduit une certaine vision du travail reproductif, qui est considéré comme un coût et pas comme un investissement pour nos sociétés. Au contraire, les analyses féministes montrent que ces activités sont essentielles à la perpétuation de la société et de la vie, pour reproduire de manière quotidienne et intergénérationnelle la force de travail. D’un point de vue…
Auteur: camille varso
