En 2023, Super Mario Bros, le film inspiré du jeu éponyme Nintendo s’est hissé au top du box-office en France avec 7 359 264 entrées. C’est un cas spécifique d’une pratique bien connue et couramment utilisée sur le marché du divertissement : l’adaptation d’un contenu narratif d’un média vers un autre, une stratégie performante à bien des égards.
L’adaptation d’un contenu, une stratégie gagnante ?
Le cas le plus courant est l’adaptation d’un livre au cinéma, et qui a prouvé son efficacité depuis les origines de ce média. D’un point de vue commercial, les adaptations cinématographiques de livres rapportent 53 % de plus que les films issus de scénarios originaux et 70 % des 20 films les plus rentables au monde sont basés sur des livres.
Côté audiences, l’adaptation d’une histoire qui a bien fonctionné et a conquis une large cible assure l’attrait d’un public captif qui voudra certainement la revoir sur un autre média permettant d’en enrichir l’expérience. L’attrait pour la répétition est visible dès l’enfance. Dès notre plus jeune âge, nous écoutons ou regardons des récits (contes, histoires racontées par nos aînés, livres et films). Laura Perachio montre que les enfants préfèrent la fidélité à l’interprétation créative. Ils aiment revivre une histoire qu’ils connaissent déjà. Ils y recherchent une expérience prévisible qui les rassure car ils en connaissent les personnages, le climax et le dénouement.
Transposer une histoire sans la dénaturer
Le processus d’adaptation d’un jeu vidéo au cinéma (ou l’inverse) peut être analysé sous l’angle du concept d’extension de marque, bien connu en marketing. L’extension de marque consiste à développer et commercialiser de nouveaux produits sous le nom d’une marque existante, mais dans de nouvelles catégories. Par exemple Nutella (marque mère, catégorie des pâtes à tartiner) lance des biscuits…
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Auteur: Guergana Guintcheva, Professeur de Marketing, EDHEC Business School

