Le gouvernement macroniste et les économistes de cour n’ont cessé de critiquer la proposition de taxer les « superprofits » que s’arrogent les géants de l’économie – notamment dans le secteur de l’énergie et de l’agro-alimentaire. Pour bien comprendre ce qui se joue, il faut avoir en tête la manière dont fonctionne le capitalisme actuel dans son ensemble, marqué par une ponction énorme et permanente de la part des marchés financiers. C’est ce que permet le livre qu’Attac a consacré récemment à cette question (aux éditions Les Liens qui libèrent), dont nous publions ici le 1er chapitre.
Dividendes et rachats d’actions : la ponction des marchés financiers
« Les superprofits, je ne sais pas ce que c’est. »
Bruno Le Maire à l’université d’été du Medef, août 2022
Les années se suivent et se ressemblent à la Bourse de Paris. Chaque printemps, pendant la saison des assemblées générales annuelles des actionnaires, les grands groupes du CAC40 annoncent de nouveaux records de versements de dividendes et de rachats d’actions. Au printemps 2018, ce sont ainsi 55,2 milliards d’euros qui ont été octroyés directement ou indirectement aux actionnaires. L’année suivante, ce sera 63,4 milliards. Après une brève période de recul partiel due à la pandémie de Covid-19, ils sont immédiatement repartis à la hausse, atteignant près de 80 milliards d’euros au printemps 2022 – un record historique… qui risque fort d’être battu au printemps 2023, sur fond de poursuite des « superprofits » de beaucoup de grandes entreprises françaises.
TotalEnergies a ainsi annoncé un bénéfice record pour 2022 de 19 milliards d’euros – et même de 34 milliards d’euros si l’on ne tient pas compte des dépréciations comptables liées aux conséquences de l’agression russe en Ukraine. Beaucoup d’autres groupes ont battu leurs records de profits à l’image de Stellantis (17 milliards d’euros),…
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Auteur: redaction

