La question du soutien ou non des socialistes français à la guerre coloniale contre les insurgés de la République du Rif, au Marco, a fait l’objet, à l’été 1925, d’un discours de Léon Blum à l’Assemblée nationale. Thierry Brésillon est récemment revenu sur cet épisode à l’occasion d’un article pour la revue Orient XXI, dans lequel il identifie, de la part de Blum, une position adoptée dans la longue durée par « la gauche de gouvernement » à l’égard des populations colonisées en lutte pour leur libération.
Il y a eu tout juste un siècle au printemps dernier, les insurgés de la République du Rif, au Maroc, étaient écrasés par les troupes coloniales de l’Espagne du dictateur Primo de Riveira alliées à celles de la République française. Les deux puissances européennes mobilisèrent des troupes nombreuses et un armement très moderne, en recourant aux gaz et au bombardements de populations civiles, pour venir à bout des guerriers d’Abdelkrim. Ces derniers avaient fait sensation dans les années précédentes en infligeant des revers aux Espagnols, en particulier lors de la bataille d’Anoual en 1921.
La question du soutien ou non des socialistes français à la guerre coloniale contre des indigènes fit l’objet, à l’été 1925, d’un discours de Léon Blum à l’Assemblée nationale. Le représentant de la SFIO y expliquait pourquoi les députés de son parti ne voteraient ni pour, ni contre l’octroi des crédits de guerre réclamé par le gouvernement du Cartel des gauches pour engager la France aux côtés des Espagnols dans la Guerre du Rif. Thierry Brésillon, journaliste spécialiste de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient, a récemment rédigé pour la revue en ligne Orient XXI un article dans lequel il identifie, en analysant le raisonnement développé par Léon Blum à l’occasion de ce discours, une position adoptée dans la longue durée et encore perceptible de nos jours, de la part de « la gauche de gouvernement »…
Auteur: Le Média
