« Sur Internet, le silence des femmes vaut consentement »

En France, depuis novembre 2025, le silence ou l’absence de résistance d’une victime ne peuvent plus être invoqués pour disculper son agresseur. La loi est désormais claire : sans consentement, il y a viol. L’Espagne avait ouvert cette voie dès 2022 avec sa loi « Solo sí es sí ».

Fin avril 2026, le Parlement européen a invité la Commission européenne à proposer une législation établissant une définition commune du viol au sein de l’UE, fondée sur le principe d’absence de consentement. Le droit recentre ainsi l’analyse sur le comportement de l’auteur : a-t-il obtenu l’accord de la victime ?

Ce tournant historique inscrit enfin dans la loi ce que les victimes, mouvements féministes et experts en droit défendaient depuis des années : le corps des femmes n’est jamais acquis, jamais dû. Pourtant la dimension numérique vient faire voler en éclats le consentement, y compris face aux violences les plus graves.

Des images intimes diffusées sans accord

Dans les espaces numériques, le corps des femmes reste perçu comme disponible, monétisable, exploitable. Parmi les cas les plus graves et dans la continuité de l’affaire Pelicot, une enquête de CNN publiée en avril 2026 a révélé l’existence de réseaux en ligne sur la messagerie Telegram, au sein desquels des milliers d’utilisateurs échangeaient des contenus et des conseils relatifs à la soumission chimique et à des violences sexuelles.

Des milliers de femmes voient leurs images intimes diffusées sans leur accord, tandis que des outils d’intelligence artificielle (IA) comme Grok de xAI, montrent qu’il est désormais possible de sexualiser une photo en un prompt (instruction donnée à un assistant d’IA générative, NDLR), transformant chaque femme en cible potentielle.

Le Parlement européen et le Conseil sont parvenus le 7 mai dernier à un accord pour interdire les systèmes de « nudification » par IA. Une…

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