À peine nommé à Matignon, Michel Barnier a commencé à s’activer pour composer un gouvernement. De nombreux dossiers environnementaux attendront les nouveaux ministres sur leur bureau. Les attentes des associations écologistes sont fortes. D’autant plus qu’elles ont été échaudées par la nomination d’un Premier ministre de droite, le rejet de la candidate du Nouveau Front populaire Lucie Castets et d’interminables consultations et atermoiements présidentiels.
« On dénonce un déni démocratique et un choix incohérent et irrespectueux du vote exprimé par les citoyens », dit Laurence Marandola, de la Confédération paysanne, à Reporterre. « Emmanuel Macron a fait cavalier seul sur cette nomination, sans laisser le jeu parlementaire se dérouler, ce qui aurait donné lieu à une séquence très différente et beaucoup plus intéressante », juge Marion Rivet, du réseau Sortir du nucléaire.
Premier chantier urgent, le budget. Le projet de loi de finances doit être envoyé au Parlement le 1ᵉʳ octobre au plus tard. Le 20 août dernier, le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal a envoyé des « lettres-plafond » aux différents ministères pour qu’ils puissent commencer à travailler sur ce dossier. Celle adressée au ministère de la Transition écologique prévoyait entre autres d’amputer le fonds vert d’1,5 milliard d’euros et l’électrification des véhicules d’1 milliard d’euros. L’Ademe pourrait aussi voir son budget réduit de 35 %.
« La première chose qui permettra de juger de l’ambition de Michel Barnier en matière de transition écologique, c’est s’il renverse les arbitrages budgétaires qui ont été pris, notamment contre l’Ademe, l’électrification des véhicules et la stratégie nationale biodiversité — ces cadeaux de départ du gouvernement sortant », estime Jean Burkard, du WWF France.
Morgane Piederrière, de France Nature Environnement, insiste sur…
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Auteur: Émilie Massemin, Laury-Anne Cholez

