Sur le chantier de l’Opéra royal du château de Versailles, « des intérimaires envoyés à la mort »

« Nous sommes encore au temps du Roi Soleil qui sacrifiait la plèbe sur l’autel de sa magnificence et de celle de son château. » Claudia Andrieu ne mâche pas ses mots quand elle raconte ce qui est arrivé à son mari, Didier Andrieu, menuisier intérimaire, gravement intoxiqué au plomb sur le chantier de restauration de l’Opéra royal du Château de Versailles.

C’est notamment du fait de la persévérance de ce couple, qu’enfin, près de 16 ans après les faits, un procès s’ouvre ce lundi 10 février au tribunal de Versailles pour blessures involontaires avec incapacité totale de travail (ITT) supérieure à trois mois par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail, mise en danger d’autrui et subornation de témoin.

Et comment ne pas lui donner raison quand on regarde le tableau dressé par le très volumineux dossier d’instruction de ce marathon judiciaire ? Des entreprises, spécialisées dans la restauration des monuments historiques, un établissement public rattaché au ministère de la Culture, de nombreuses personnalités qualifiées, tous accusés de négligence, de mise en danger, de manquement manifeste.


Sur le même sujet : 2023, funeste année record pour les morts au travail

Ainsi, Frédéric Didier, architecte en chef du château de Versailles, n’est quasiment jamais cité dans ce scandale. Toujours en poste malgré sa mise en examen, il a notamment déclaré aux enquêteurs qu’« au vu de l’étendu du chantier, la question du plomb était secondaire (sic) ». Drôle de manière d’aborder la protection des salariés.

Même constat pour François Asselin, président, pendant 10 ans, de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Pourtant,…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com