« J’habite dans un cadre de vacances. »
« Nous avons la nature aux portes de chez nous. »
« Je ne dirais pas que c’est notre jardin, mais un peu quand même. »
« Quand je vois que le sable s’est déplacé à cette vitesse, je me dis que le changement climatique, on ne l’a pas vu venir mais on le vit. »
« C’est sûr qu’on préfère le côté sauvage, mais le réchauffement climatique fait que ce n’est plus possible. »
« Ils vont aller où, les pauvres oiseaux ? »
Les personnes rencontrées au cours de notre travail de thèse témoignent d’une prise de conscience des effets du changement climatique sur les espaces « naturels ». Ces effets variés et déjà visibles – hausse du niveau marin, réduction de la neige en montagne, augmentation des températures en forêt – affectent la biodiversité et les écosystèmes (aire de répartition, phénologie, fonctionnement).
Ce nouveau contexte est cependant encore peu pris en compte en ce qu’il ne concerne pas directement les humains. Pourtant, au-delà des conséquences physiques, il affecte déjà notre attachement à une certaine nature.
Read more:
Le Saint-Laurent touristique, entre imaginaire et réalité
D’une mouvance à une autre
Il reste toutefois difficile de déterminer ce qui relève ou non du changement climatique dans un phénomène donné. Par exemple, a-t-il fait naître telle tempête venant rudoyer le littoral ou aurait-elle eu lieu de toute façon ? l’a-t-il ou non rendue plus sévère ? Ce qui est certain, c’est qu’il fait s’élever le niveau marin – de 3,6 mm/an, rythme très rapide par rapport aux variations passées et s’accélérant encore – et que les tempêtes, même sans devenir plus fréquentes ou plus intenses, séviront plus loin dans les terres en raison de ce « tremplin ».
[Près de 80 000 lecteurs font confiance à la newsletter de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde. Abonnez-vous aujourd’hui]
Une estimation en 2004 (confirmée en 2011 mais il n’existe pas à notre connaissance de chiffres plus récents) a montré que 20 % du domaine du Conservatoire du littoral pourrait être plus ou moins fréquemment submergé entre 2050 et 2100, soit quatre fois la superficie de Paris.
Si ces annonces soulèvent des craintes par rapport à une situation préalable qu’on imagine paisible, rappelons que, changement climatique ou non, les littoraux ont toujours été dynamiques sous l’action des intempéries habituelles, des courants fluviaux et marins, et avant cela des évolutions géologiques. Il y a donc aussi une mouvance « normale », dont les paysages littoraux que nous aimons sont justement le fruit.
De nouveaux risques entre « nature » et…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Julien Guerrero, Doctorant, Université Littoral Côte d’Opale
