Du particulier au général. À gauche, toutes et tous n’ont qu’un seul mot à la bouche : « protectionnisme ». Face à la guerre commerciale menée par Donald Trump, les progressistes et les écologistes se rangent fermement derrière cette doctrine qui vise à protéger l’économie française de la concurrence mondiale à travers l’instauration de barrières douanières, le soutien des industries nationales, la mise en place d’embargos ou de quotas d’importation. Le discours protectionniste est désormais perçu comme un moyen de contrer le rêve impérialiste du président américain.
Il y a quelques années, le concept était pourtant tabou, sali par l’usage qu’en a fait l’extrême droite qui l’a associé à ses obsessions nationalistes, xénophobes et patriotiques. Seules quelques rares figures de gauche osaient brandir cette doctrine en slogan de campagne. En 2012, Jean-Luc Mélenchon mène sa première campagne présidentielle en défendant un protectionnisme « solidaire ». Un an plus tôt, François Ruffin assume dans un livre, Leur Grande Trouille, journal intime de mes « pulsions protectionnistes » (Les Liens qui libèrent, 2011), vouloir déconstruire le lien entre nationalisme et protectionnisme.
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De manière générale, la gauche antilibérale a toujours eu un penchant pour cette doctrine. Aujourd’hui, les insoumis défendent une taxation selon le chiffre d’affaires réel des Gafam, une régulation des investissements étrangers, une préférence pour les producteurs locaux dans les marchés publics ou une conditionnalité des aides publiques au maintien de l’emploi et à la bifurcation écologique.
Chez les Écologistes, pourtant ardents défenseurs de la construction…
Auteur: Lucas Sarafian

