Sur le Rhône, un barrage hydroélectrique pourrait « détruire le seul tronçon encore sauvage du fleuve »

Développer les énergies renouvelables et décarbonées, oui, mais à quel prix ? C’est la question que soulève depuis plusieurs mois un projet controversé de barrage hydroélectrique dont les ouvrages principaux se situeraient en amont de la confluence du Rhône et de l’Ain, entre la commune de Saint-Romain-de-Jalionas (Isère) et celle de Loyettes (Ain).

Baptisé Rhônergia, le projet est porté par la Compagnie nationale du Rhône (CNR) sous l’égide du ministère de la Transition énergétique. S’il venait à voir le jour, il viendrait s’ajouter aux 19 barrages que la Compagnie exploite déjà sur le fleuve. Surtout, il permettrait de répondre aux besoins énergétiques d’environ 60 000 habitants, hors chauffage, explique la CNR, pour une production d’énergie hydroélectrique estimée à 140 Gwh par an.

Un projet loin d’être anodin, dans un contexte où la France s’est engagée à atteindre 33 % d’énergies renouvelables en 2030 et la neutralité carbone en 2050, et où l’hydroélectricité, « deuxième source d’énergie renouvelable en France, participe à l’atteinte de cet objectif », précise la CNR.

« Détruire le seul tronçon encore sauvage du Rhône »

Pourtant, ce projet n’en finit plus d’inquiéter les habitants des communes alentour. Face à ce qui pourrait être le dernier barrage hydroélectrique de France, citoyens et militants se sont regroupés au sein du collectif Stop Barrage Rhônergia à l’hiver 2023.

Composé d’environ 400 adhérents de l’Ain et de l’Isère, mais aussi plus largement de la région lyonnaise, le collectif alerte depuis plusieurs mois sur les impacts qu’il estime délétères de ce projet, appelé à voir le jour sur un fleuve déjà artificialisé à plus de 85%.

« Avec Rhônergia, on risque de perdre les derniers 25 kilomètres non artificialisés du Rhône, entame Clément Pradier, coordinateur du collectif Stop Barrage Rhôneria, pour La Relève et La…

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Auteur: Cecile Massin