Entre Verfeil (Haute-Garonne) et Castres (Tarn), reportage
Le concessionnaire annonce un chantier modèle et des travaux très avancés, quand les opposants dénoncent des malfaçons et un retard énorme. Mais à quoi ressemble vraiment le chantier de l’autoroute A69, à l’arrêt depuis le 27 février ? Alors que les travaux reprennent progressivement, grâce au sursis à exécution prononcé par la cour administrative d’appel de Toulouse le 28 mai, Reporterre a arpenté les 53 kilomètres du tracé entre Verfeil, à l’est de Toulouse, et Castres, dans le Tarn, accompagné de Courroux, un militant opposé au projet.
Après avoir communiqué jusqu’à la fin du mois de mai sur du chantier avancés à 70 %, le concessionnaire Atosca est revenu sur son calendrier prévisionnel et affirme désormais que les travaux sont finalisés à seulement 54 %, indique La Dépêche du Midi. Le plus remarquable : en l’absence des ouvriers et des machines, la nature a réinvesti le chantier, dont certains segments semblent truffés de défauts de construction.
Kilomètre 0. Départ de Verfeil au petit matin. Il ne reste plus rien de la zad du Verger, ultime bastion de résistance sur le chantier de l’A69. Les machines ont détruit et terrassé tout ce qu’il restait de la maison d’Alexandra, dernière habitante à refuser son expropriation, contrainte de quitter les lieux en septembre 2024.
Kilomètre 6. Près de Teulat, dans le Tarn, un imposant bassin d’eau bleu turquoise inonde le tracé de l’autoroute sur une centaine de mètres. La nappe est à nu et le chantier est sous l’eau. Des fleurs et des herbes hautes contribuent également à ce décor, qui ressemble plus à une réserve naturelle qu’à un chantier d’autoroute. Certains habitants autour du tracé ont remarqué que de nombreuses espèces d’oiseaux viennent autour de ce nouveau lac.
Kilomètre 13. À Vendine, de retour en Haute-Garonne, les platanes auxquels Thomas…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

