Le seuil de 1,5 °C, inscrit comme objectif dans l’Accord de Paris en 2015, restera un vœu pieux. La température moyenne sur la période 2025-2029 dépassera de 1,5 °C par rapport aux températures préindustrielles, avec une probabilité de 70 %, selon le nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publié le 28 mai.
Certes, le rapport rappelle que pour confirmer ce dépassement, il faut attendre deux décennies, le réchauffement étant mesuré à long terme par rapport à la période 1850-1900. Mais, alors que les émissions de gaz à effet de serre ont continué de progresser à l’échelle du globe en 2024, la tendance est là.
« Nous venons de vivre les dix années les plus chaudes jamais enregistrées. Malheureusement, ce rapport ne fournit aucun signe de répit dans les années à venir », a déclaré Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l’OMM, dans un communiqué. L’enchaînement des records donne le tournis. L’année 2024 était déjà l’année la plus chaude jamais enregistrée depuis 175 ans, battant le record de 2023…
Faire le deuil du seuil de 1,5 °C ? La question agace Gerhard Krinner, directeur de recherche à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE) et coauteur de plusieurs rapports du Giec : « 1,4 °C est mieux que 1,5 °C, qui est mieux que 1,7 °C… Cette idée de seuil est trompeuse puisque chaque dixième de degré en plus aggrave les impacts du changement climatique. » Les scientifiques ne cessent de rappeler que plus la planète se réchauffe, plus les vagues de chaleur, les inondations, sécheresses et tempêtes vont se multiplier.
Prêcher dans le désert
L’année 2024 nous en a déjà donné un funeste aperçu. Dans son rapport sur l’état du climat global cette année-là, l’OMM rappelait l’intensité inédite des catastrophes, qui ont conduit au déplacement de plus de…
Auteur: Magali Reinert

