Partant du constat désespéré de Mark Fisher dans son livre Le réalisme capitaliste, le fanzineur et romancier Alex Ratcharge dresse dans le texte qui suit un bilan plein d’espoir après plusieurs décennies d’activisme punk radical. La contre-culture des années 1960 a peut-être dû abandonner pas mal de terrain au capitalisme, elle n’en a pas moins semé des graines qui ont germé dans diverses scènes et particulièrement celle du punk. Alex Ratcharge nous parle d’organisation de concerts « à l’arrache », d’une « punk poste » qui fait transiter gratuitement les disques et les fanzines à travers la planète, de lieux partagés avec des associations, de fêtes dans des squats, et même d’un épisode de guerilla urbaine. Il rapproche ainsi le punk radical d’une société parallèle qui pave la voie pour la convergence entre « la conscience de classe, la conscience psychédélique, et les processus de conscientisation des groupes minoritaires et opprimés » pensée par Mark Fisher à la fin de sa vie. Voici la première des 3 parties de ce texte, d’abord publié dans le numéro 19 de l’excellente revue papier Audimat.
À la mémoire de Marc, alias Papi (1965-2022)
« On fonctionne comme une sorte de collectif anarchiste clandestin, gaffeur et à l’arrache, constitué d’une bande de potes qui aiment faire des trucs ensemble. »
– Giacomo Stefanini
Quel rapport entre Mark Fisher, Abbie Hoffman, la contre-culture des années 1960-1970 et le réseau punk dit « DIY » ? C’est la question autour de laquelle s’articule cet article, qui n’aurait pas vu le jour sans ces quatre éléments. À toutes fins utiles, précisons que je ne suis ni théoricien, ni philosophe, ni spécialiste de la chose politique, mais un humble lecteur de 40 ans, par ailleurs éditeur de fanzines et auteur d’un roman explorant l’univers des squats punks et autonomes de France et de Navarre – des fictions inspirées de mon…
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Auteur: dev

