Seconde partie de ce long et passionnant article d’Alex Ratcharge sur le punk radical. On y croise Abbie Hoffman et la queue de comète hippie, Maximum Rock’n Roll la bible en papier toilette du punk anarcho-communiste mondial et la culture et les usages du Do-It Yourself.
« Ici, on apprend à faire de la colle avec du dentifrice, à fabriquer un surin à partir d’une cuillère et à établir des réseaux de communication complexes. C’est également ici qu’on apprend la seule réinsertion possible : la haine de l’oppression. »
– Abbie Hoffman
Dans les années 1960 et 1970, l’anarchiste Abbie Hoffman a été l’un des fondateurs du Youth International Party, dont les membres se faisaient appeler « yippies ». Plus de trente ans après sa mort, les Etats-Unis et, plus généralement, celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de la contre-culture, voient encore en lui un symbole du vent de liberté et de contestation qui souffla sur la jeunesse américaine de ces décennies-là.
Quand Mark Fisher évoque les grandes heures de la contre-culture et déclare que « Ce que craignaient les capitalistes, c’était que la classe ouvrière devienne hippie sur une large échelle », je me plais à penser qu’il songe à Abbie Hoffman et aux yippies. Je soupçonne en effet qu’il ne se réfère pas aux beatniks tels qu’on se les représente trop souvent aujourd’hui – une bande d’obsédés sexuels en pattes d’eph’ qui fument des joints et se roulent des pelles à longueur de journée, enchaînant les montées d’acide en plein centre-ville – mais à des agitateurs tels que ceux du Youth International Party.
Vrai-faux parti libertaire issu du Free Speech Movement et des mouvements anti-guerre des années 1960, le Y.I.P se veut plus radical que ces prédécesseurs. Aujourd’hui, si l’on veut se faire une idée plus précise de ses pratiques, on peut se pencher sur les témoignages écrits de l’époque, dont…
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Auteur: dev

