Troisième et dernière partie de ce long et passionnant article d’Alex Ratcharge sur le punk radical. On y visite le QG de la presse punk mondiale à San Francisco, on se remémore comment des milliers d’émeutiers ont défendu le squat d’Ungdomshuset à Copenhague et on en arrive à cette conclusion : il nous faut des lieux pour habiter le monde.
« Si vous êtes en ville et que vous n’avez pas d’endroit où loger, vous pouvez essayer les bureaux du journal underground local. »
– Abbie Hoffman
Les lieux sont l’essence du punk radical : sans eux, presque rien n’est possible. Prenez une ville avec quelques jeunes punks mais aucun groupe ; dotez-la d’un squat, posez-y des instruments, ou offrez aux jeunes les clés d’un local de répétition ; laisser reposer quelques mois, puis revenez : vous aurez peut-être planté les graines d’une scène punk, avec 4 ou 5 groupes partageant tous des membres. Si sa taille le permet, il servira aussi de lieu de concerts, où nos jeunes groupes pourront faire leurs armes en première partie de leurs homologues d’autres villes, qu’ils inviteront contre la promesse d’un peu d’argent pour les frais d’essence. Et si vous arrivez à faire que le squat ou le local dure dans le temps, par exemple en l’achetant, ou en vous battant becs et ongles contre votre municipalité pour le faire légaliser, vous aurez peut-être créé quelque chose qui vous dépasse : un projet amené à durer bien après que vous-même ayez quitté le navire par manque de temps, d’énergie, ou simplement de motivation.
À Lyon, où je vis, il existe plusieurs de ces lieux. Citons la salle de concerts Grrnd Zero, le local l’Atelier des Canulars, le bar l’Amicale du Futur, sans oublier la Luttine. Si aucun n’est totalement « tenu par les punks », certain-e-s y sont investi-e-s de longue date. C’est notamment le cas de la Luttine, l’infoshop autogéré du 7e arrondissement, qui, en plus de…
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Auteur: dev

