Un vaste site en ruines aux confins de la Turquie et face à lui, un pont effondré qui enjambe la rivière marquant la frontière avec l’Arménie.
Pour les historiens et responsables locaux, la restauration de la cité d’Ani, classée depuis 2016 au patrimoine mondial de l’Unesco, jetterait pourtant une passerelle entre les deux pays, contribuant à normaliser leurs relations difficiles.
Ani, non loin de la ville de Kars dans l’est de la Turquie, fut la capitale du royaume médiéval d’Arménie vers la fin du premier millénaire, avant que sa conquête en 1064 par les Seldjoukides n’accélère son déclin, parachevé par la conquête mongole et un séisme.
Pour Vedat Akçayoz, président de l’Association culturelle et artistique de Kars, les ruines d’Ani constituent un « patrimoine commun de l’humanité » au-delà des frontières.
« Ani a été zoroastrien, chamanique, païen, chrétien, musulman. Ani c’est moi, c’est vous », martèle cet archéologue amateur, auteur d’une somme sur Ani.
Ankara n’entretient pas de relations diplomatiques avec l’ancienne république soviétique: entre les deux, le souvenir sanglant des massacres d’Arméniens par les forces ottomanes au début du XXe siècle, qualifiés de génocide par Erevan et de nombreux parlements occidentaux dont ceux des Etats-Unis et de l’Union européenne.
L’Arménie est entrée en pourparlers avec l’allié régional de la Turquie, l’Azerbaïdjan, voisin renforcé par sa reconquête du territoire contesté du Haut-Karabakh au terme d’une offensive éclair en octobre après des décennies de conflit.
Pour les officiels turcs, la dynamique enclenchée depuis pourrait contribuer à normaliser les relations entre Ankara et Erevan.
Beauté envoûtante
Pendant des années, il fallait obtenir un permis pour se rendre sur le site d’Ani, mais les autorités ont à cœur désormais de promouvoir sa beauté envoûtante.
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