La découverte d’un village jusqu’alors inconnu dans une région d’Arabie saoudite que l’on ne croyait guère peuplée durant l’Antiquité tardive révèle la présence de communautés juives sédentaires à la veille de l’Islam. Éclairages avec l’archéologue Jérôme Rohmer.
Dans quel contexte s’inscrivent les récentes découvertes à Dadan, cité antique en Arabie saoudite ?
Jérôme Rohmer Repéré depuis la fin du XIXe siècle par les premiers explorateurs européens de la zone, et d’abord par l’Anglais Charles Doughty, Dadan constitue l’un des plus importants sites oasiens de l’Arabie du Nord-Ouest. Autour de 1910, les voyageurs Antonin Jaussen et Raphaël Savignac, pères dominicains de l’École biblique de Jérusalem, remarquent à leur tour, lors d’une mission archéologique, l’ampleur de ces vestiges et le grand nombre d’inscriptions rupestres qui l’entourent.
En étudiant ces inscriptions (dont la grande majorité relève d’un alphabet et d’une langue propres à l’oasis, le dadanitique), ils démontrent que le site correspond à une oasis luxuriante évoquée dans l’Ancien Testament sous le nom de Dadan et présentée comme l’une des principales cités caravanières de l’Arabie.
On en trouve aussi mention dans les inscriptions et les chroniques de Nabonide, dernier roi de Babylone (556-539 av. J.-C.). Dans le récit de sa conquête de l’Arabie du Nord-Ouest, celui-ci évoque…
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