L’ichnologie est la science qui étudie les traces des animaux. Elle est très utile pour les historiens pour comprendre les relations qu’entretenaient les humains avec les autres animaux dans le passé.
On l’a tous déjà vu dans la rue : du béton tout frais ruiné par des traces de pattes de chiens ou de chats. Ce genre de désagrément n’est pas vraiment contemporain puisque les Romains vivaient déjà ce type de mésaventures il y a 2000 ans.
En effet, il est courant que les archéologues rencontrent des empreintes d’animaux sur des objets archéologiques, tel que sur des tuiles d’époque romaine. Cela s’explique par le fait qu’au sein des ateliers de fabrication, les ouvriers laissaient sécher leurs briques et leurs tuiles fraîchement démoulées sur le sol, avant de les cuire. C’est durant cette étape de séchage que des animaux peu précautionneux traversaient les entrepôts, en piétinant parfois le résultat du travail des tuiliers.
Ces animaux peu délicats varient en fonction de l’aire géographique où travaillent les fabricants de tuiles. Parmi les coupables, on retrouve principalement des chiens et quelques chats, tandis que dans les zones rurales on peut rencontrer des animaux sauvages (chevreuil, sanglier…) et du bétail (mouton, chèvre, porc…).
Les empreintes d’animaux sont des sources archéologiques intéressantes, puisqu’elles permettent aux chercheurs de connaître la faune locale qui cohabitait avec les humains dans les ateliers de production de tuiles antiques. C’est d’ailleurs dans cet objectif que nous avons récemment entrepris une étude des collections de tuiles romaines munies d’empreintes d’animaux à Narbonne, dans le département de l’Aude.
Cette étude menée dans les collections du Musée Narbo Via et de l’association des Amis du Clos de la Lombarde, nous a permis d’en apprendre un peu plus sur les animaux qui vivaient autour des ateliers de tuiliers romains dans les…
Auteur: Victor Ploux, Doctorant en Histoire romaine, Université de Perpignan Via Domitia

