Île de Pâques (Chili), reportage
Dans le sud-ouest de l’île de Pâques, plusieurs mini-bus sont stationnés à quelques mètres d’un des trois cratères volcaniques qui a formé l’île il y a plus de 2 millions d’années.
« Bienvenue sur le site archéologique d’Orongo », s’exclame Luis Reyes, guide touristique pour l’agence MahinaTur. « Aujourd’hui, nous n’allons pas pouvoir accéder au village construit sur la falaise qui surplombe le cratère », annonce-t-il à un groupe de quinze touristes, « car il y a eu un glissement de terrain la semaine dernière à cause de l’érosion qui grignote les côtes de l’île de Pâques ».
En pointant du doigt le précipice qui s’est formé, Luis attire l’attention sur le sentier où des centaines de visiteurs défilaient chaque jour, jusqu’à l’éboulement, survenu début novembre 2025. Après deux semaines de fermeture au public, le site d’Orongo a rouvert avec une limite de 350 touristes par jour.
Plus loin, sur le site d’Huri a Urenga, Luis invite son groupe à observer une des célèbres statues de l’île de Pâques. « Regardez le visage de ce moaï, il commence à disparaître. L’érosion, le soleil et les pluies intenses détruisent la roche volcanique dans laquelle il est sculpté », explique-t-il. Installés sur des Ahu (cimetières ancestraux) à quelques mètres du bord de l’océan, « les moaïs sont menacés par la hausse du niveau de la mer et les tempêtes », termine Luis.
« Les effets du dérèglement climatique sont déjà là »
La dégradation des mythiques statues moaïs n’est qu’un exemple emblématique des multiples bouleversements dont souffre l’îlot de 164 km², rattaché à la région chilienne de Valparaíso. Vairoa Ika, directrice du Département environnement de l’île égrène les problématiques : multiplication des incendies, baisse des précipitations, montée du niveau de l’océan, réchauffement…
Auteur: Marion Esnault

